Mohicans — Denis Robert

Livre assez déstabilisant sur l'envers économique de feu Charlie Hebdo. Une envie de vomir surgit dans les dernières pages tant certains ont terminé dans la misère quand d'autres devenaient millionnaires. J'avais arrêté d'acheter le canard après le renvoi de Siné sous de fausses accusions et une absence totale de soutiens de la rédaction.

Également un bon exemple d'asservissement volontaires de journalistes quand les considérations financières du quotidien entrent en jeu. Et là il s'agit d'un journal indépendant.

Qu'on vit dans la bouillie de sang d'êtres humains, la bouillie des animaux d'abattoir. Que cette planète de merde finira bien par péter un jour, qu'au milieu de la gigantesque boucherie quotidienne qui est notre lot, il ne fallait pas être un veau. Mieux vaut être le boucher… En tout cas, je n'aurai pas de regrets, j'ai eu plein de copains. J'ai eu des putes, j'ai baisé des putes. J'ai essayé de me faire plaisir pour traverser au mieux cette putain d'existence sur cette putain de planète. Une fois crevé, qu'on fasse de moi ce qu'on voudra. Je pisse sur les morts. Je crache sur les morts. Je chie sur les morts. Parce que quand t'es mort, t'es mort. Point final.

Choron dans Penthouse, 1994